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Les Juifs à Sainte-Foy-la-Grande (1939-1945): Témoignage Goulard Fiorina

31/03/2013 - Lu 1020 fois
"N° double 96-97"
"Les Juifs à Sainte-Foy-la-Grande (1939-1945). "Témoignages"

« Ce ne sont pas de bons souvenirs, mais il faut rappeler aux jeunes ce qui s’est passé. Il ne faut pas que l’on oublie. »

 

9-Goulard Fiorina[1]
 
 
Née en 1919. Ses parents, immigrés italiens, étaient installés comme cultivateurs aux Lèves, dans le canton de Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). Elle se marie avec M. Goulard et s’installe sur la propriété de L’Argentier (commune du Fleix) où elle participe aux travaux de la ferme. Le lieu dit L’Argentier se situe sur la route qui mène du bourg du Fleix à Saint-Méard-de-Gurçon. Elle vit seule désormais et a accepté de parler de ces instants tragiques.
 
 
« Nous étions dans les champs avec mon mari, juste au dessus de la maison sur la route de Saint-Méard. On a entendu descendre un camion [venant de Ponchapt] qui chantait La Marseillaiseà tue-tête. Il n’y avait pas de bâche sur le plateau du camion. On voyait des hommes au milieu - les condamnés – entourés par des hommes en uniforme qui braquaient leurs fusils sur eux. Ils sont allés à Souleiou. Une heure plus tard, on a entendu une fusillade. Un moment après, Madame Bertrand de Ponchapt, qui avait entendu les coups de feu, nous a rejoints pour nous demander de la suivre : « Voulez-vous monter voir ce qui s’est passé ? ». Nous avons hésité, ils y étaient peut-être encore, nous étions effrayés. Madame Bertrand s’y est rendue seule ; la première, elle a découvert les cadavres. C’était à 100 mètres de Sébastopol, sous une vigne qui appartenait à Monsieur Lasserre. Cet agriculteur habitait en bas de la côte. La maison « Sébastopol » était inoccupée à cette époque-là et les champs en friche. Quand Madame Bertrand a vu le massacre, c’était tout frais. Elle est revenue en pleurant à la maison : « Ils ont fini de les massacrer à coup de crosse », c’était affreux, l’horreur absolue. Je ne pense pas qu’ils soient descendus au Fleix, ils ont dû remonter par la route de Fougeyrolles. »
« Ils » ?: « Ce n’étaient pas des Allemands. Avec mon mari, nous disions qu’il s’agissait de la Milice, mais on les a juste entrevus. S’ils n’avaient pas chanté ainsi, on ne s’en serait peut-être pas aperçu. Ils chantaient de bon cœur, quand on pense que c’était pour aller les assassiner.


[1] Témoignage de Madame Fiorina Goulard recueilli par Jacques Puyaubert le 11 juin 2009

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